Ce deuxième épisode inaugure notre série de podcasts dans le cadre du projet « Unfinished Freedom », une initiative qui explore les histoires de violences subies par les femmes noires et met en lumière leur combat pour que justice soit faite. Réalisé en partenariat avec Tant que je serai noire, cet épisode réunit les coanimatrices Tsippora Sidibé et Liliane Umubyeyi ainsi que leurs invitées Delphine Peiretti-Courtis et Sadjo Paquita pour analyser le contrôle de la reproduction, le racisme médical et la gestion des corps des femmes noires.
Le contrôle de la fécondité des femmes noires par le biais de la stérilisation forcée, des politiques d’avortement, de la gestion démographique et de la surveillance de la maternité était au cœur de la gouvernance coloniale et persiste encore aujourd’hui. Les administrations coloniales ont présenté les femmes noires comme « hyperfertiles », biologiquement différentes et nécessitant une régulation constante. Ces logiques s’appuyaient sur des croyances médicales racistes, notamment l’idée que les femmes noires étaient moins sensibles à la douleur et physiquement plus robustes, ce qui en faisait des sujets de choix pour l’expérimentation, la négligence ou les interventions coercitives.
Ces stéréotypes n’ont pas disparu avec la fin de la domination coloniale. Ils continuent de façonner les systèmes de santé contemporains, contribuant aux disparités en matière de mortalité maternelle, à la négligence de la douleur des femmes noires, à la violence obstétricale et à l’inégalité d’accès aux soins de santé reproductive et maternelle. Des scandales de stérilisation à La Réunion et à Mayotte aux inégalités mondiales plus générales en matière de santé maternelle, cet épisode explore comment le colonialisme